Catégorie : Current Issue Articles

Workstream 2 – Il est temps de s’y mettre

Si vous avez lu ECO hier (ou le dernier rapport du GIEC), vous savez pourquoi nous avons besoin d’objectif avant 2020. Nous devons arrêter de parler « ambitions » si nous voulons éviter les conséquences les plus dramatiques des changements climatiques. Pour rester en dessous des 1,5°C, nous devons supprimer progressivement toutes les énergies fossiles et nous diriger vers 100% d’énergies renouvelables ainsi qu’un accès énergétique pour tous en 2050 au plus tard. Pour réussir cette transition, nous devons arrêter de nous enfermer dans des infrastructures dépassées, produisant d’énormes quantités carbone.
C’est la raison pour laquelle ECO s’est réjouit des premières propositions de mesures pour le WS2. On y trouve la poursuite de celui-ci jusqu’en 2020 ainsi qu’une mise en valeur des conseils d’experts. Ces derniers ont mis l’accent sur les nombreuses opportunités à disposition pour des mesures supplémentaires et leurs avantages multiples, notamment sur l’utilisation d’énergie renouvelable et de mesures énergétiques efficaces. Mais comment passe t-on de la théorie à la mise en place effective d’actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
ECO a quelques propositions :
1. Mettre en place une procédure s’appuyant sur les conseils d’experts, qui permettrait aux partis d’annoncer quelles solutions, parmi celles identifiées, ils souhaitent adopter, seul ou en partenariat.
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PNUE : Réduire l’écart

Mercredi, le deuxième Dialogue des Experts sur le rapport 2013-2015 a commencé à évaluer les progrès pour atteindre l’objectif global à long terme.
Les auteurs du GIEC ont conclu qu’il y avait un budget de 1000 Gt de carbone pour l’humanité depuis le début de l’ère des fossiles. Avec ce budget, la probabilité de rester sous la barre des 2 degrés est de 66 %.

Nous avons déjà utilisé la moitié de ce budget et en prenant en compte les autres GES. Ainsi, seuls 270 Gt peuvent encore être émises pour rester dans les eaux connues. C’est un budget ridiculement bas pour conserver un climat relativement sûr, même si des impacts non négligeables sont à prévoir.
La plupart des chiffres du GIEC sont donnés avec une marge d’incertitude. D’un point de vue de l’évaluation du risque (ou du sens commun), une forte incertitude suppose un budget carbone inférieur. Mais une probabilité de 66 % suppose un tiers de chance de dépasser les 2 degrés.
De plus, l’action sur les gaz à court durée de vie comme le méthane ne peut remplacer celle sur les gaz à durée de vie longue, notamment le CO2. Il faut les réduire tous, de façon substantielle.
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Gender equality

Il est temps d’atteindre l’égalité des sexes dans les négociations sur le climat. Mais pourquoi ? Le changement climatique nous concerne tous, non ?
Répondre aux besoins de l’ensemble de la population et renforcer ses droits doivent être au fondement de toute réponse au changement climatique. Le sexe est l’un des déterminants les plus importants pour le rôle et les perspectives que chacun peut espérer. Si les politiques climatiques et les solutions veulent réellement répondre aux besoins des femmes et des hommes, les décideurs politiques doivent comprendre ces logiques sexuelles.
Il a fallu 19 ans pour que la CCNUCC en prenne conscience, mais on y est. Les ateliers sur l’égalité des sexes et le changement climatiques à la CRIC ont souligné les progrès importants dans la prise en compte de l’aspect humain du changement climatique dans la négociation. Oui, des progrès dans un océan de stagnation.

Les Parties ont désormais l’opportunité de prendre des mesures politiques sérieuses et innovantes sur cet objectif de l’égalité des sexes, ou pour le dire autrement : des politiques qui répondent aux besoins de tous, sans distinction.

Des recommandations ont été faites pour intégrer des directives dans les initiatives, programmes et processus de la CCNUCC : des outils pour la prise en compte dans les politiques climatiques, des appels pour des financements innovants, le renforcement des compétences et la mise en réseau pour renforcer le rôle des femmes dans la prise de décision, et des recommandations pour mieux intégrer les enjeux de l’égalité dans la formation professionnelle.

Le MDP doit protéger les Droits de l’Homme

Durant l’atelier sur le Mécanisme de Développement Propre (MDP) tenu en Juin, les Parties avaient entendu un vibrant témoignage de Weni Bagama, parlant avec passion des impacts du projet MDP de Barro Blanco – un barrage hydroélectrique de 29 MW, en construction sur les territoires indigènes de Ngäbe, au Panama.

Weni avait décrit l’échec de l’entreprise à consulter suffisamment les communautés affectées, en violation évidente des règles du MDP et d’autres normes internationales de droits de l’homme. Malgré des réserves exprimées sur la consultation et d’autres atteintes aux droits de l’homme durant le processus de validation, le bureau exécutif du MDP avait approuvé le projet en janvier 2011.

Depuis, James Anaya, le Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits des populations indigènes, a rencontré les communautés affectées pour enquêter sur les abus associés au projet. Dans son rapport de conclusion, the Rapporteur spécial a souligné le cas de Barro Blanco, énonçant clairement les obligations internationales qui devraient s’appliquer dans ce cas. Il ajouta qu’il était emblématique des nombreux projets de développement menaçant la vie et les moyens de subsistance des populations indigènes au Panama.

Barro Blanco n’est pas un cas isolé. C’est l’un des nombreux projets qui illustrent à quel point le MDP a échoué à s’assurer que les projets soient conçus, mis en place et contrôlés d’une façon qui protège les droits de l’homme.
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Je viens d’Australie

Je viens d’Australie. Ce qui constitue presque un aveu en ces murs et en ce moment.

Les gens n’arrêtent pas de venir me voir et me demander ce qui se passe. Pourquoi les membres de mon gouvernement font-il des choses aussi terribles concernant la politique climatique ? Pourquoi sont-ils tellement accros au charbon ? Pourquoi sont-ils si déterminés à aller à rebours ? Comment peuvent-ils mettre à la poubelle leurs politiques climatiques alors que le reste de monde se retrouve ici, à Varsovie, pour tenter d’avancer sur le sujet ? Et particulièrement alors que leurs voisins, notamment les Philippines, souffrent de dévastation.

Mais la question principale qu’ils me posent est, “est-ce que les Australiens soutiennent cette attitude négative et ces destructions ?”
La réponse à cette question est catégoriquement non. La majorité des Australiens ne soutiennent pas l’annulation du prix du charbon, la fin du soutien aux énergies renouvelables, le démantèlement de l’Autorité sur le changement climatique et de la Régie pour le financement de l’énergie propre, et l’abandon d’un objectif de réduction à long-terme de la pollution par le charbon de 80 % en 2050.

Si vous en voulez des preuves, ne regardez pas plus loin que la Commission australienne sur le climat.
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Energies fossiles : je vous fais mes adieux !

Hier, au sein du dialogue d’experts sur les objectifs 2013-2015, le GIEC a communiqué un message clé. Plafonner ou réduire la croissance de ses émissions n’est pas suffisant. Afin d’éviter un réchauffement climatique de 2°C ou plus : les émissions nettes doivent être réduites à zéro.

Afin d’épouser la trajectoire définie par le GIEC qui nous amènerait sous les 2°C, les émissions des énergies fossiles doivent atteindre un pic avant 2020 et être réduites à 0 d’ici à 2070 (cf. chiffre IPCC WG TS.19). Cette réduction devrait même s’effectuer plus tôt, si nous ne voulons pas uniquement nous fier à un niveau négatif des émissions après 2070, ou si le pic et cette réduction prennent du retard, ou si nous prenons en compte d’autres « facteurs surprises » et rétroactions non inclus dans les modèles proposés.

Mardi, l’Agence Internationale de l’Energie a publié ses dernières « Perspectives mondiales énergétiques ». Elle à nouveau répété que, pour atteindre l’objectif des 2°C (avec une probabilité de 50%), 2/3 des réserves mondiales de combustibles fossiles devaient être maintenues en sous-sol. De plus, les ¾ des réserves mondiales existantes inexploitées jusqu’ici, devront le rester – ne laissant aucune place à la production du pétrole en Arctique.
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Pitiez, ne vous séparez pas !

Mon amour,

Depuis nos vacances à Copenhague, j’ai l’impression que tu ne tiens jamais tes promesses, que tu me mens tout le temps. Nous ne faisons que parler, parler et parler encore, et j’ai l’impression que malgré tout, tu ne me comprends toujours pas.

Il faut que tu arrêtes de dépenser ton argent sur des voitures de luxe et des jets privés, et que tu commences enfin à t’occuper de moi et des enfants. Je ne suis pas loin de craquer, j’ai besoin que tu me rassures sur notre avenir et que tu me dises qu’on va vieillir ensemble. Je ne veux plus de belles paroles mais des actes : donne moi la feuille de route qui nous emmènera vers les 100 milliards de financements publics que tu m’as promis, signe enfin le chèque pour le Fonds pour l’Adaptation de nos enfants, et n’oublies pas d’ordonner le virement vers notre compte épargne Fonds Vert d’ici 2014. Et enfin, j’ai vraiment besoin que tu t’engages à dépenser au moins 50% de nos économies pour l’adaptation.

Si tu ne reprends pas les choses en main tout de suite, il est hors de question que je t’épouse en 2015.

Nona Ecsoin

Union Européenne, où sont passées tes ambitions climatiques pré-2020 ?

Nous savons tous que si nous n’arrivons pas à réduire drastiquement nos émissions d’ici à 2020, la fenêtre de tir pour rester sous le seuil de 1,5°C sera définitivement fermée.

La vérité qui dérange c’est que l’UE a déjà atteint son objectif de 20% pour 2020, avec 8 ans d’avance. Et en comptant des crédits de compensation internationaux.

Les émissions de GES européennes ont baissé de 27% depuis 1990 en 2012. C’est donc sans effort supplémentaire que l’UE peut se fixer un objectif de réduction contraignant de -40% pour 2020. L’UE doit acter ce nouvel objectif dans le cadre de la révision des engagements dans la 2ème période du protocole de Kyoto prévue d’ici mai 2014.

Une politique clé pour l’ambition européenne reste le marché européen d’échange des permis d’émissions (EU-ETS), le premier système de cap-and-trade qui permet de couvrir près de la moitié des émissions carbone de l’UE. Le marché carbone européen doit être réformé rapidement car il est de moins en moins efficace pour contrôler la pollution. Il souffre d’une sur-allocation de 2 milliards permis d’émission, notamment liée à une sur-utilisation des crédits de compensation qui a elle même causé la chute du prix du carbone (actuellement coté à moins de 5 €).
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Japon, la politique de la terre brûlée

Selon les bruits qui courent, le Japon, troisième économie mondiale, s’apprêterait à annoncer un nouvel objectif pour 2020 ici à Varsovie. Ce serait sa contribution aux efforts de réduction du fossé gigatonne… normalement.

Mais ECO reste perplexe devant les chiffrent repris par les médias. Au premier abord, on s’est demandé si le Japon avait mis la virgule au mauvais endroit. Mais il semble que l’objectif aura bel et bien un chiffre de moins que ce qu’il devrait.

En réalité, si c’est ce chiffre qui est retenu, le Japon augmenterait ses émissions par rapport au niveau de 1990. Cela ne peut pas être vrai ! ECO ne peut y croire et attend du Japon qu’il présente un objectif à la hauteur de son programme « Cool Earth 50 » que le Premier ministre actuel a lancé pour réduire de 50% les émissions de CO2 d’ici 2050.

La catastrophe de Fukushima a confirmé que le nucléaire n’était et n’est pas la solution au changement climatique. C’est bien d’entendre que le gouvernement exclue le nucléaire de cet objectif, ce qui ne justifie pas pour autant un objectif aussi faible. ECO espère que deux ans et demi après le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon, ce dernier saura enfin passer aux 100% renouvelables et jouera un rôle moteur pour relever le niveau d’ambition climatique.