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Mettre le Groupe de travail sur la bonne voie

Les vélos municipaux sont un bon moyen pour découvrir Varsovie, où nous allons vivre ces deux prochaines semaines. L’objectif principal du Groupe de travail sur la Plateforme de Durban pour une action renforcée (GTPD) est de poser les jalons d’un accord honnête, ambitieux et légalement contraignant, qui puisse être conclu lors de la COP 21 de Paris, au plus tard. Aussi, ne pouvons-nous pédaler dans des directions opposées avec les mêmes arguments que ceux entendus ces dernières années.

Voici les principaux jalons que doit poser le GTPD si nous voulons rester dans la course :

2014 : l’année des engagements fermes

Le protocole de Paris doit signer la fin de l’ère des énergies fossiles, par la publication d’engagements fermes qui nous mettront sur la voie d’une limitation du réchauffement entre 1,5°C et 2°C. Si elles veulent y conclure un accord efficace, les parties ne peuvent attendre de se retrouver dans la ville des lumières pour présenter leurs engagements de réduction d’émission. Dès à présent, elles doivent travailler sur leurs engagements, de sorte qu’ils puissent être présentés l’an prochain. Ces engagements ne devront, bien sûr, pas omettre les questions d’adaptation ni d’engagements financiers.

Ces engagements ne devront pas être les offres initiales de quelque jeu de négociateurs mais bien des offres fermes pouvant servir de base à un accord.
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ECO est solidaire des Philippines et de tous les pays vulnérables

Hier, nous avons entendu le négociateur en chef philippin, Yeb Sano – qui s’exprimait en ouverture des négociations climatiques de l’ONU – appeler à la « fin de la folie ». Il a demandé que soient prises des mesures urgentes pour éviter que des tempêtes dévastatrices, comme celle qui a ravagé la plupart de son pays ce week-end, ne se répètent à l’avenir. Le super typhon Haiyan fut d’une ampleur inouïe, causant des milliers de morts en quelques jours. Yeb Sano a même déclaré qu’il entamait une grève de la faim à cette COP, jusqu’à ce qu’une issue positive soit en vue.

Il a également montré beaucoup d’espérance dans le rôle de la société civile. Il a envoyé un message clair en ce sens : « Ces deux derniers jours, j’ai parfois eu l’impression que je devrais me tenir au côté des activistes climatiques qui affrontent, pacifiquement, les responsables de l’état actuel de notre climat. Ces gens profondément altruistes, qui combattent l’exploitation du charbon, s’exposent à des températures glaciales, ou bloquent des pipelines. Nous observons une frustration grandissante, et avec elle, de plus en plus de désobéissance civile. Les deux prochaines semaines, ces gens, et beaucoup d’autres autour du monde qui sont notre conscience, nous rappelleront encore notre immense responsabilité.
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Combien de Mega-typhons avant que vous agissiez ?

Alors que les pays entament le chemin vers un accord mondial en 2015, ECO rappelle qu’une pierre essentielle à l’édifice fait toujours cruellement défaut. D’après le Rapport sur le fossé de l’ambition du Pnue, le décalage entre les efforts annoncés pour la réduction des émissions avant 2020 et ce qu’il est nécessaire de faire pour maintenir la hausse des temperatures en-deça d’1,5 ou de 2°C est de 8 à 12 milliards de tonnes de CO2 (UNEP 2013). ECO aimerait savoir comment les Parties pensent parvenir à un accord mondial à Paris si elles n’augmentent pas leur ambition pré-2020 de manière significative. Les émissions mondiales doivent culminer d’ici 2015. Sans cela, il faudra revoir toute la base de la négociation de Paris, pour prendre en compte des besoins financiers supplémentaires pour l’adaptation et les pertes et dommages.

Combien de vies supplémentaires seront menacées en raison de votre inaction ? Combien d’activistes du climat devront risquer leur existence pour dénoncer votre manque de volonté politique et votre dépendance anachronique aux énergies fossiles ?

ECO est fatigué de répéter sans cesse que 2020, c’est trop tard pour commencer à agir. Sans une accélération des mesures d’atténuation à court terme, les typhons comme Haiyan deviendront ordinaires.
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L’atelier du genre

Il y a 13 ans, le déficit en terme de participation des femmes à la CCNUCC a été soulevé comme un problème qui demandait des solutions rapides. Les Parties ont alors décidé d’améliorer la participation des femmes aux négociations, au cours de la décision 36 de la COP 7.

Il y a un an, au regard de l’écart qui se maintenait en termes d’égalité homme – femme en termes de participation à la COP, et suite à la reconnaissance croissante du rôle des femmes au cours des discussions sur le genre (mais aussi sur tous les aspects des changements climatiques), une nouvelle décision a été prise, demandant au Parties de travailler afin d’atteindre progressivement la parité homme-femme, et de développer des capacités sur le sujet.

La décision a aussi établi que le sujet “genre et changements climatiques” était dorénavant à l’agenda de la COP, et que les Parties et les observateurs devaient prendre part à ces discussions. Aujourd’hui, de 15h à 18h, dans la meeting room 1, la CCNUCC organisera la première session sur le genre et les changements climatiques, pour discuter des engagements des Parties sur le sujet, ainsi que les autres sujets à aborder. C’est donc un moment opportun pour s’engager sur

Fossile du jour

Nous étions nombreux à penser que la position du gouvernement australien à la COP19 ne pouvait pas s’empirer : il a démantelé son Ministère sur le changement climatique, il a aussi débarqué son Ministre du climat et il a annoncé son intention de supprimer sa taxe carbone pendant le déroulement de la COP. Mais nous avions tort !

Hier, les médias australiens ont révélé qu’à Varsovie, l’Australie ne soutiendra pas de nouveaux engagements financiers pour le climat, au-delà des engagements pris par le pays au titre des financements précoces.
Cela propulse donc l’Australie au rang de vainqueur du premier Fossile du jour !

Tout cela a lieu malgré les terribles conséquences du typhon aux Philippines, un voisin « pacifique » de l’Australie, qui a besoin de financements internationaux pour faire face aux conséquences présentes et à venir des changements climatiques. Cela montre bien à quel point l’Australie est loin de saisir tout l’enjeu des financements climatiques.

Pour couronner le tout, le gouvernement australien a défini les financements en faveur du climat comme « du socialisme déguisé en environnementalisme ». Mais réveillez-vous ! Ce n’est pas du socialisme ! Cela s’appelle de l’équité, et c’est votre responsabilité !

Le climat marche sur la tête chez les kangourous.

Vous avez peut-être entendu que le climat s’emballe un peu, là-bas, en Australie.
Après avoir essuyé les pires incendies que le pays ait jamais connu en octobre (soit en plein printemps !), cette année a vu les records de température dépassés mois après mois. Après ce jour de janvier le plus chaud dans toute l’histoire de l’Australie, le bureau de météorologie a même du créer une nouvelle couleur pour identifier des niveaux de température plus élevés. Et, sans surprise, la chaleur semble être montée à la tête des hommes politiques.
Alors que que la majorité des Australiens souhaite une action contre le changement climatique (selon les sondages dans le cadre des récentes élections), le nouveau gouvernement a viré l’Autorité sur le Changement Climatique, qui apportait un conseil scientifique neutre sur la politique climat, et il est en train de supprimer la taxe carbone de l’Australie, les limites à la pollution et l’engagement de réduction des émissions de GES de 80% d’ici 2050.
Pardon ? Plus de 40 pays, états et provinces dans le monde sont en train de fixer un prix du carbone et le gouvernement australien recule, pour remplacer la taxe carbone par un dispositif inefficient, financé par l’Etat et qui – en plus !
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Négociation recherche argent PUBLIC

ECO a la tête sur le point d’exploser à force d’entendre les pays développés crier que les financements privés sont la clé de toute action sur les changements climatiques et le cœur de l’engagement des 100 milliards de dollars. ECO n’a pas bien compris si les pays développés essaient vraiment de mobiliser suffisamment de financements publics pour répondre aux enjeux d’atténuation et d’adaptation, ou si les pays développés essaient au contraire de dépenser le moins de financements publics possible. Tristement, depuis la fin des financements précoces, les pays en développement n’ont donné aucune idée claire des financements publics à disposition des pays en développement. Pire, dans de nombreux pays, les financements climat n’ont pas augmenté et même diminué et dans la plupart des cas, les financements climat ne sont que des financements pour le développement recyclés ou des prêts. Peut-être les pays développés attendent-ils du secteur privé qu’il finance la lutte contre le changement climatique alors même qu’il investit des millions de milliards dans les énergies fossiles chaque année ? ECO adore les blagues mais il ne faut pas pousser.
Soyons sérieux une minute. Si le secteur privé jouera un rôle dans la lutte contre la crise climatique, il est déjà évident que les investissements privés privilégieront les projets rentables et non les projets d’adaptation des communautés et pays plus vulnérables.
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Imposture polonaise

Le gouvernement polonaise a-t-il été renversé par les Yes Men? Vous savez, le groupe d’imposteurs qui se moque des puissants en les caricaturant. ECO se pose la question en blaguant, mais parfois la réalité nous joue des tours. Quelques explications :
Il y a quelques semaines, des textes délirants étaient apparus sur le site officiel de la COP19 sur les opportunités économique que la fonte des glaces amènerait, et aussi sur la chasse aux pirates et aux écologistes. Les Yes Men ont alors avoué leur forfait, mais tout le monde avait été un peu dérouté, y compris le gouvernement polonais.
Mais cette histoire devient plus folle encore. Regardez l’application officielle de la COP sur iPhone. Elle vous accueille avec ce message « les changements climatiques sont un phénomène naturel, qui se sont produits de nombreuses fois sur terre ». Alors pourquoi s’inquiéter, hein ! ECO suggère en plus un jingle musical genre « laisse le bon temps rouler »…
Inviter douze industriels fossiles à sponsoriser la COP, dont le groupe sceptique anti-climat Business Europe, et pour ajouter à ce délire, organiser un sommet mondial du charbon simultanément à la COP, complet jusqu’à une « Déclaration de Varsovie » ? Même les Yes Men n’auraient pas osé.

Maman, …

« Maman, raconte moi encore l’histoire de quand les avions et les bateaux ont sauvé la planète. »
« D’accord sauf que cette fois, je vais aussi te raconter comment cela c’est passé politiquement. Au début du siècle, une majorité de gens n’étaient pas surs que nous arrivions à faire face aux changements climatiques tout en vivant une vie heureuse et prospère. Les diplomates de tous les pays se sont rencontrés de nombreuses fois pour demander aux autres de faire plus. Comme quand maman et papa se disputent sur qui doit faire la vaisselle. Ces diplomates étaient très forts pour se disputer. Ils pouvaient y passer des semaines et se disputer sur tout et n’importe quoi.
Et ils étaient très forts pour trouver des arguments sur les bateaux et les avions. Ils se sont même disputer pour savoir s’ils devaient se disputer à ce sujet ! Les diplomates n’étaient pas surs de comment se mettre d’accord car les bateaux et les avions polluent partout et entre les pays, ils pouvaient donc dire que c’était pas de leur ressort. Et les propriétaires des bateaux et des avions disaient aussi qu’ils ne pouvaient rien faire.
Le pire, c’est quand ils se sont disputés parce qu’un groupe de diplomates a décidé de lutter contre la pollution des avions dans leurs pays – ils se sont disputé plus que jamais et les propriétaires des avions s’en sont mêlés aussi.
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