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Ministres, Vous n’êtes pas couché(e)s !
Chers ministres, pendant que vous vous lamentez, durant de larmoyants discours prononcés sous les feux de la rampe climatique, en promettant de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour stopper le réchauffement, vos négociateurs creusent plus profond que jamais dans les coulisses du centre national des congrès du Qatar.
L’accord de Doha est pourtant toujours à notre portée. Un tel texte nous donnerait l’ambition à court terme dont nous avons un urgent besoin. Et votre ambition politique a besoin d’être adossée par des objectifs et des engagements nettement plus ambitieux que ceux qui sont actuellement sur la table.
À ce propos, parlons des engagements. Qu’est devenue l’ambition des pays du Golfe arabo-persique de devenir les leaders de la cause du climat ? Quel obscure raison les a fait renoncer à pareille ambition : peut-être la panique qui régnait, hier, devant les comptoirs de Qatar Airways ?
Sérieusement, beaucoup de travail doit encore être accompli avant que nous ne comblions le fossé climatique séparant les promesses des actions que les climatologues nous enjoignent de mener.
Cela doit commencer immédiatement par la mise en oeuvre d’un ambitieux mécanisme « à cliquet » (dans le cadre du protocole) et d’un programme de travail bien encadré (dans le cadre du groupe de travail spécial de la plateforme de Durban pour une action renforcée).
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La bonne voie dominicaine
A vrai dire, les derniers jours n’ont pas réservé beaucoup de progrès, et encore moins d’Ambition. Mais un petit quelque chose nous fait penser qu’il y a de l’espoir et de la bonne volonté quelque part.
ECO aurait entendu dire que les pays en développement seraient sur le point de mettre des engagements sur la table. Hier, au segment de Haut Niveau, la République dominicaine a promis une réduction inconditionnelle de ses émissions de 25% en 2030 par rapport aux niveaux de 2010, à accomplir avec les fonds nationaux ainsi que la solidarité de la communauté internationale. Il s’agit d’une loi nationale donc elle s’impose au gouvernement. ECO félicite la République Dominicaine pour prendre de sérieuses mesures sur le changement climatique et rappelle que de nombreux autres pays font aussi leur travail. C’est le genre d’attitude dont nous avons besoin à ces négociations pour faire avancer les choses.
Côté « sous »…
Les causes et effets de la tempête climatique mondiale sont globalisées. Les effets des gaz à effet de serre ne se limitent pas à des « points chauds » localisés. Ils n’ont pas de frontières, et sont plus brutaux dans les zones où les émissions sont faibles.
Nous avons besoin de faire converger notre morale et les valeurs éthiques pour nous attaquer à ce vaste problème. L’organisation de jeunes SustainUS a mené une expérience sociale hier jeudi au centre de conférence de Doha pour tester cette prémisse.
Les représentants des jeunes ont demandé aux personnes entrant dans le centre de conférence à quoi ils consacreraient leur argent, comme ça, s’ils devaient être les seuls à en décider : le Fonds Vert pour le Climat, les financements précoces, les financements post-2012, les dépenses militaires ou les subventions aux énergies fossiles.
Chaque interrogé a reçu de l’argent fictif au début des tapis roulants menant au centre de conférence, et devait décider de où son argent serait le mieux dépensé. A la fin de l’expérience, le Fonds Vert était le grand gagnant. Le calcul de bon sens fait sur les tapis roulants était un choix de supporter ceux qui sont en plus mauvaise posture.
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Talbeau récapitulatif des financements
| Pays | Engagements | Détails |
| Royaume Uni | $2.9 milliards | 1,8 milliards £ pour les 2 prochaines années (contre 1,5 milliards £ sur les 3 années précédentes) avec 50% dédiés à l’adaptation. |
| Allemagne | $2.3 milliards | 1,8 milliard € pour 2013 (contre 1.4 milliard en 2012), dont une partie des recettes de l’ETS. |
| Danemark
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$88 million (approx) | 500 millions de couronnes danoises en 2013 (l’équivalent du volume en 2012) dont 20% pour le Fonds Vert
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| Suède
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$400 million (approx) | 0,5 milliards de couronnes suédoises en 2013 (contre 1 milliard de SEK in 2012) et 2 milliards d’APD-climat. |
| Finlande | $37 million (approx) | 37 millions € (contre 92 million € entre 2010 et 2012) au-delà des financements comptabilisés sous les marqueurs de Rio, et 500 000 € pour le Fonds Vert. |
| Norvège | US$855 million (approx) | 3.1 milliards de couronnes norvégiennes en 2013 : 500 millions US$ sur REDD+ et 355 million US$ sur l’énergie.
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| France
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$2.6 milliards | 2 milliards € de l’AFD pour l’efficacité énergétique et les ENR en 2013 |
Fossile du Jour
Première place : UE
L’UE reçoit un Fossile [entre crochets] car nous avons encore espoir qu’elle cesse d’être intimidée par la Pologne et se prononce pour l’annulation totale de tout l’air chaud à la fin de la 2ème période d’engagement du PK.
Avant Durban, l’Europe disait pouvoir s’engager dans une deuxième période d’engagement, à condition qu’il y ait une feuille de route où les grands émetteurs s’engagent dans un cadre plus large et où les règles du PK sont améliorées pour assurer l’intégrité environnementale, faisant allusion spécifiquement à l’excédent des UQA. Mais l’Europe continue de tergiverser. Nous avons besoin d’une position européenne forte en ce moment. Si l’UE ne parvient pas à adopter une position raisonnable et commune sur le surplus, elle ne pourra pas être considéré comme sérieuse dans les discussions à venir sur l’ADP.
Seconde place: La Pologne pour sa position fossilisée sur la question de l’air chaud. Elle s’obstine sur l’utilisation des reports de quotas dans la deuxième période d’engagement du PK, tout en s’opposant avec véhémence à l’annulation de l’air chaud à la fin de cette période. Le Ministre de l’Environnement a même eu l’audace de déclarer dans une interview que la Pologne veut garder son air chaud parce qu’elle pense être en mesure de l’utiliser dans un nouvel accord post-2020.
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Financements : « Continuation » ou engagement ?
Compte tenu de l’accroissement des impacts du changement climatique, il est temps pour les pays développés d’augmenter la finance climat plutôt que de s’en détourner. Sécheresses, tempêtes et vagues de chaleur : toutes demandent une action climatique – et l’action requiert des financements. Les pays en développement ne peuvent survivre sans action.
Pourtant, plusieurs pays développés semblent peiner à s’engager. Et ils se cachent maintenant derrière des mots ambigus. Quand vous appliquez le mot « continuation » à la finance climat, cela peut paraître satisfaisant au premier abord ; mais en y regardant de plus près, vous réalisez que
« continuation » ne dit pas à quelle hauteur vous devez continuer : $10? $25? $1,000?
Quelques pays européens ont promis des financements pour la période à venir, mais où sont les autres pays développés – comme les Etats-Unis, le Japon, le Canada ou l’Australie? Il serait approprié que ces pays, et d’autres, joignent cet engagement financier. C’est pourquoi il est insuffisant de se reposer simplement sur quelques pays, nous avons besoin que tout le monde s’engage conjointement dans une décision à Doha.
Si vous quittez Doha sans cette décision commune, l’engagement d’atteindre 100 milliards de $ par an d’ici 2020 risque de devenir un rêve inatteignable, mettant en péril le succès de l’ADP ainsi la survie des plus pauvres et vulnérables dans le monde.
Ne rien lâcher sur les Pertes & dommages
ECO pensait ne pas avoir à remettre cela sur la table mais les négociations ne nous ont pas laissé le choix. A deux jours de la clôture de COP18, ECO va continuer à se battre pour un accord pour que les Pertes & Dommages reçoivent la considération politique qu’ils mérite.
Se voiler la face par rapport à la réalité du changement climatique n’est pas une option valable et ne fera que repousser à plus tard l’inévitable. Alors, prenons le sujet à bras le corps et agissons ! ECO met cartes sur table pour une dernière impulsion.
1. Quand, ici à Doha, tous les pays en développement appellent à l’établissement d’un mécanisme international pour s’atteler au problème des Pertes et Dommages, les Ministres devraient réagir et prendre une décision maintenant. Jour après jour, cela devient plus urgent alors que les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus grave du fait de notre échec à réduire nos émissions.
2. Approuver et promouvoir la continuation du programme de travail de Pertes & Dommages. Il s’agit d’un outil vital dans l’évaluation et la réflexion sur les Pertes & dommages, en particulier en ce qui concerne les phénomènes à évolution lente. Il facilitera également les discussions à venir sur l’arrangement institutionnel du mécanisme international – alors faisons-en clairement une priorité pour les actions futures.
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A la poursuite de l’équité
ECO souhaite rappeler qu’intégrer le principe d’équité dans le régime climatique est la condition de tout résultat juste et ambitieux. Alors que les Parties se sont exprimées sur la manière d’opérationnaliser l’équité, ce sujet a disparu des textes.
ECO pense qu’il serait assez facile de mesurer, rendre compte et vérifier le manque de volonté politique. C’est le vrai problème de ces négociations, comme le montre le faible langage obtenu sur l’équité dans les derniers textes des présidents, et du LCA, et de l’ADP. Et cela envoie un signal très négatif aux zones du monde qui se battent chaque jour pour survivre face aux adversités des impacts climatiques.
Et pourtant, des concepts innovants et transformateurs sont disponibles. Récemment, la Belgique et la Suède ont organisé une réunion riche et interactive avec des experts et d’autres parties prenantes à Bruxelles. En effet, les idées discutées lors de cet atelier sont pertinentes et peuvent être adaptées au format des négociations. Encore une fois, le message des participants était clair : ce qu’il nous manque, ce ne sont pas les idée, mais plutôt un manque généralisé de volonté politique.
Redonner un nouvel élan suppose notamment d’essayer des approches créatives. A Bruxelles, par exemple, un échange de vues ouvert a permis de créer de la confiance et d’ouvrir un vrai espace de dialogue.
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Appel aux 3/4 pour en finir avec l’air chaud
Le Protocole de Kyoto (PK) est un traité démocratique et consensuel. Lors de l’adoption de tout amendement, les procédures du PK tentent de satisfaire tout le monde via un effort de recherche du consensus.
Mais lorsqu’un ou quelques pays bloquent le processus, le PK permet également d’adopter « en dernier recours » un amendement à la majorité des 3/4. Lorsque les exigences minimales ont été requises – les amendements ne peuvent bien évidemment être appliqués qu’aux pays qui accepté – dans le cas contraire, ils ne peuvent pas bénéficier de ce que le nouveau PK amendé peut leur apporter.
Concernant l’air chaud, par exemple, cela signifie que si la Russie décidait de ne pas accepter ou ratifier un amendement qui supprimerait 13 Gt d’air chaud, elle conserverait ses crédits supplémentaires mais ne pourrait pas les vendre. Dans ce cas, les pays qui auraient ratifié un tel amendement pour la seconde période, ce qui leur aurait accordé l’accès aux mécanismes du PK, avec leurs nouveaux QELROS inscrits dans l’Annexe B, n’accepteraient pas d’acheter cet air chaud.
Sur un sujet similaire, ECO rappelle aux Etats membres de l’UE – et le Parlement Européen approuve – que sous les traités européens, leurs positions communes sur des sujets environnementaux peuvent être décidées par un vote à la majorité qualifiée.
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