Category: Edition du jour

Tyran des négos, la Suisse a remporté hier le Fossile du jour

Quiconque écoute la société civile ou les scientifiques du climat sait que nous avons beaucoup à faire si nous souhaitons maintenir la hausse des températures dans la limite des 2°C que s’est fixée la communauté internationale.

Des financements publics prévisibles et suffisants pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques sont indispensables, si l’on veut que la roue tourne.

Mais la Suisse s’est opposée mardi à tout engagement financier chiffré de sa part, accusant en outre les pays en développement de fragiliser les résultats de Lima avec leurs demandes.

D’autres pays développés comme les Etats Unis et les l’Union européenne ont échappé de peu au fossile du jour, leur comportement n’étant pas beaucoup plus glorieux. A notre grande déception, ils ont refusé des engagements financiers.

Le Brésil est arrivé à la seconde place pour avoir osé affirmer dans le groupe
Framework for Various Approaches Contact que le double-comptage des CDM n’existait pas ! Ce phénomène a pourtant été largement documenté par les scientifiques. Des règles de comptabilité plus strictes sont nécessaires afin d’enrayer ces pratiques et garantir l’intégrité de nos actions de lutte contre les changements climatiques. C’est ce qui a valu au Brésil la deuxième place du fossile du jour.
... Read more ...

HOUSTON, ON A UN PROBLEME

Le vaisseau spatial Terre s’est non seulement éloigné de sa trajectoire pour 2020, nécessaire pour rester en dessous des 2°C, mais en plus il s’apprête à dériver encore plus loin. C’est le message qu’a fait passer hier le PNUE dans le Dialogue structuré des experts : Le Gigaton Gap s’agrandit à mesure que nous approchons de 2025 et 2030. Si l’on considère les avertissements du GIEC – la limite de 2°C pourrait être encore trop élevée et risquée – alors la situation semble encore plus mauvaise.

Mais heureusement nous avons un kit de survie à portée de main.

Comme ECO l’a appris de l’AIE, 80% du Gigaton Gap de 2020 dans le secteur de l’énergie pourrait être comblé par des mesures qui n’ont aucun impact sur le PIB, et ce dans toutes les régions (!!). L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables sont les outils de survie les plus importants à court et à long terme.

Le PNUE a également souligné l’importance de l’efficacité énergétique qui, dans presque tous les cas, est l’option où l’on obtient beaucoup de victoires et aucune défaite. Alors, vraiment, Cher Pays, qu’attendez-vous ? Pour citer l’intervenant de l’AIE hier: cela ne devrait vraiment pas être si difficile.
... Read more ...

Changeons le système, pas le climat !

*La rédaction de l’ECO vous présente ses excuses pour avoir publier une version incorrecte de cet article hier. Vous trouverez la bonne version ci-dessous.

Les organisations représentants la société civile péruvienne et les mouvements populaires se sont saisies de la Présidence de la COP par le Pérou pour que le gouvernement engage des efforts pour inscrire dans l’agenda gouvernemental les enjeux environnementaux au cœur de la politique de développement.

Les impacts des changements climatiques sont déjà visibles au Pérou. Les populations font l’expérience négative des pénuries d’eau qui viennent s’ajouter aux challenges environnementaux et sociaux déjà existants.

Alors que la Présidence de la COP20 aurait du être une opportunité pour le gouvernement péruvienne de montrer son leadership sur les thématiques environnementales, les politiques nationales récentes ont montré que l’environnement était de moins en moins une priorité. En juillet 2014, par exemple, le gouvernement a adopté le « Ley 20120 » (également nommé « Ley Paquetazo » ) qui réduit l’importance des standards environnementaux avec l’objectif d’attirer les investissements des industries d’extraction.

La promotion de l’industrie extractive a déjà conduit à des situations comme celle de Maxima Chaupe, une fermière. Elle était poursuivi par Yanacocha (une des plus importantes compagnie d’extraction minière d’or) pour vivre sur les terre où la compagnie avait planifié un projet d’extraction (le projet Conga).
... Read more ...

Deux degrés de trop

Le « Structured Experte Dialogue » (SED) a pris de l’importance hier. Au début de la journée, le président Vidala affirmé que le SED était l’endroit le plus important pour réconcilier la science et le politique. Des réponses claires doivent en sortir avant l’accord de Pars. Lors des première discussions sur l’objectif de 2°C, la réunion d’hier a donné des réponses scientifiques claires : si la hausse des températures est limitée sous 1,5°C, les chances de pouvoir s’adapter seront plus grandes.
Un exemple parlant est celui des récifs coralliens, qui sont une source de protéine pour beaucoup d’écosystèmes. Une hausse des températures de 1,5°C sera déjà un danger important pour beaucoup de ces récifs, et ils auront du mal à résister à une hausse de 2°C. Il en va de même pour la banquise de l’Arctique en été, qui aura une chance de résister si les températures se maintiennent à 1,5°C. Avec +2°C, les écosystèmes ne seront pas les seuls à être menacés. Ce sont aussi les populations vulnérables. Les cultures des communautés vivant en Arctique et de celles vivant près de la mer sont en danger de submersion. Pour toutes ces communautés, les risques sont élevés à +2°C.
La bonne nouvelle hier est que les Etats Unis s’intéresse aux différents risques existants dans un monde à +1,5°C et +2°C.
... Read more ...

Faux pas financier

Hier, le groupe de contact ADP a finalement mis la main à la pâte sur le contenu potentiel de la finance dans l’accord de Paris, à l’occasion des négociations sur la section des finances. Il est inutile de nier que l’excitation de ECO était à son comble au début des discussions sur ce qui doit être une partie intégrante de l’accord 2015. Bien que ce ne fut pas surprenant aux yeux de ceux ayant suivi la CCNUCC depuis seulement quelques minutes, ce fut tout de même quelque peu décevant de voir la première moitié de la session s’évanouir dans un processus tourbillonnant de confusion.
Lorsque la poussière fut suffisamment retombée pour que les discussions substantielles puissent enfin commencer, l’enthousiasme de ECO fut encore douché. Les États-Unis ont mené la charge en demandant le retrait de toutes les références à l’adéquation, la prévisibilité et l’additionnalité de la finance. ECO soupçonnerait presque que le négociateur américain a délibérément accéléré la vitesse de son discours afin de cacher la nature désespérément lamentable de ses suggestions.
Avec un début de dépression, ECO a écouté la délégation Suisse démarrer sur une note constructive en pointant les paragraphes qu’ils souhaiteraient voir apparaitre dans l’accord actuel, ceux qui pourraient être adressés dans d’autres décisions et les points sur lesquels ils sont en désaccord.
... Read more ...

L’Allemagne est-elle en train de changer d’orientation sur le charbon ?

L’Allemagne a un problème. La plus grande économie de l’Europe risque de ne pas atteindre ses objectifs d’atténuation de 40% de ses émissions par rapport aux niveaux de 1990. Malgré le boom des énergies renouvelables, les émissions de l’Allemagne ont été, à nouveau, en hausse sur les deux dernières années. Si vous pensez que cela est dû à la sortie du nucléaire du pays, alors reposez-vous réellement la question. En fait, avec 27% de la production allemande d’électricité provenant actuellement de sources d’énergie renouvelables, cette technologie propre représente une part plus élevée que celle qu’avait l’énergie nucléaire. La vraie raison de la hausse des émissions de l’Allemagne est le faible prix des certificats d’émission dans le Système Communautaire d’Echange de Quotas d’Emission (SCEQE) européen. En l’absence d’un signal de prix du CO2 crédible, l’utilisation du charbon reste très rentable pour les fournisseurs d’énergie en Europe. En Allemagne, cela est à l’origine non seulement d’une hausse des émissions, mais aussi d’un énorme surplus d’électricité.

Pour y remédier, la ministre de l’Environnement allemande, Barbara Hendricks, lorsqu’elle se rendra à Lima la semaine prochaine, aura quelques nouvelles dans ses bagages. Aujourd’hui, le gouvernement présente un « plan d’action » pour atteindre l’objectif climat 2020 de l’Allemagne.
... Read more ...

Allons- nous réellement faire payer les pauvres pour les pertes et dommages ?

Penser que les pollueurs pourraient s’en sortir sans payer pour les pertes et dommages auxquels ils ont contribué est un jeu de dupe. Lors du Typhon Haiyan il y a un an, 6300 personnes ont payé de leurs vies, tandis que 4 millions de leurs amis et familles ont perdu leurs maisons. 13 millions de personnes ont souffert de famine au Kenya suite à la sécheresse qui s’est terminée en 2011. Et les populations du Pacifique et des régions de basse altitude continuent de perdre leurs terres et habitats. Quelqu’un doit payer pour ces pertes et dommages – le résultat inévitable d’une ambition d’atténuation insuffisante et du manque de soutien apporté aux mesures d’adaptation par les pays riches. Pour le moment, ce sont les pauvres qui paient.
Bien entendu ce n’est pas tolérable, et les parties ont reconnu cela à Varsovie en incorporant le besoin de soutien au sein des fonctions du mécanisme de pertes et dommages de Varsovie.
Néanmoins, l’actuel Comité exécutif (ExCom) par intérim s’est montré incapable de gérer ce besoin évident de manière appropriée. Par conséquent, la finance, la technologie et les renforcements de capacités manquent clairement dans le plan d’action prévisionnel – un problème que les Parties se doivent d’adresser.
... Read more ...

Workstream 2 – Il est temps de s’y mettre

Si vous avez lu ECO hier (ou le dernier rapport du GIEC), vous savez pourquoi nous avons besoin d’objectif avant 2020. Nous devons arrêter de parler « ambitions » si nous voulons éviter les conséquences les plus dramatiques des changements climatiques. Pour rester en dessous des 1,5°C, nous devons supprimer progressivement toutes les énergies fossiles et nous diriger vers 100% d’énergies renouvelables ainsi qu’un accès énergétique pour tous en 2050 au plus tard. Pour réussir cette transition, nous devons arrêter de nous enfermer dans des infrastructures dépassées, produisant d’énormes quantités carbone.
C’est la raison pour laquelle ECO s’est réjouit des premières propositions de mesures pour le WS2. On y trouve la poursuite de celui-ci jusqu’en 2020 ainsi qu’une mise en valeur des conseils d’experts. Ces derniers ont mis l’accent sur les nombreuses opportunités à disposition pour des mesures supplémentaires et leurs avantages multiples, notamment sur l’utilisation d’énergie renouvelable et de mesures énergétiques efficaces. Mais comment passe t-on de la théorie à la mise en place effective d’actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
ECO a quelques propositions :
1. Mettre en place une procédure s’appuyant sur les conseils d’experts, qui permettrait aux partis d’annoncer quelles solutions, parmi celles identifiées, ils souhaitent adopter, seul ou en partenariat.
... Read more ...