Category: articles de l’édition actuelle

Deux degrés de trop

Le « Structured Experte Dialogue » (SED) a pris de l’importance hier. Au début de la journée, le président Vidala affirmé que le SED était l’endroit le plus important pour réconcilier la science et le politique. Des réponses claires doivent en sortir avant l’accord de Pars. Lors des première discussions sur l’objectif de 2°C, la réunion d’hier a donné des réponses scientifiques claires : si la hausse des températures est limitée sous 1,5°C, les chances de pouvoir s’adapter seront plus grandes.
Un exemple parlant est celui des récifs coralliens, qui sont une source de protéine pour beaucoup d’écosystèmes. Une hausse des températures de 1,5°C sera déjà un danger important pour beaucoup de ces récifs, et ils auront du mal à résister à une hausse de 2°C. Il en va de même pour la banquise de l’Arctique en été, qui aura une chance de résister si les températures se maintiennent à 1,5°C. Avec +2°C, les écosystèmes ne seront pas les seuls à être menacés. Ce sont aussi les populations vulnérables. Les cultures des communautés vivant en Arctique et de celles vivant près de la mer sont en danger de submersion. Pour toutes ces communautés, les risques sont élevés à +2°C.
La bonne nouvelle hier est que les Etats Unis s’intéresse aux différents risques existants dans un monde à +1,5°C et +2°C.
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Faux pas financier

Hier, le groupe de contact ADP a finalement mis la main à la pâte sur le contenu potentiel de la finance dans l’accord de Paris, à l’occasion des négociations sur la section des finances. Il est inutile de nier que l’excitation de ECO était à son comble au début des discussions sur ce qui doit être une partie intégrante de l’accord 2015. Bien que ce ne fut pas surprenant aux yeux de ceux ayant suivi la CCNUCC depuis seulement quelques minutes, ce fut tout de même quelque peu décevant de voir la première moitié de la session s’évanouir dans un processus tourbillonnant de confusion.
Lorsque la poussière fut suffisamment retombée pour que les discussions substantielles puissent enfin commencer, l’enthousiasme de ECO fut encore douché. Les États-Unis ont mené la charge en demandant le retrait de toutes les références à l’adéquation, la prévisibilité et l’additionnalité de la finance. ECO soupçonnerait presque que le négociateur américain a délibérément accéléré la vitesse de son discours afin de cacher la nature désespérément lamentable de ses suggestions.
Avec un début de dépression, ECO a écouté la délégation Suisse démarrer sur une note constructive en pointant les paragraphes qu’ils souhaiteraient voir apparaitre dans l’accord actuel, ceux qui pourraient être adressés dans d’autres décisions et les points sur lesquels ils sont en désaccord.
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L’Allemagne est-elle en train de changer d’orientation sur le charbon ?

L’Allemagne a un problème. La plus grande économie de l’Europe risque de ne pas atteindre ses objectifs d’atténuation de 40% de ses émissions par rapport aux niveaux de 1990. Malgré le boom des énergies renouvelables, les émissions de l’Allemagne ont été, à nouveau, en hausse sur les deux dernières années. Si vous pensez que cela est dû à la sortie du nucléaire du pays, alors reposez-vous réellement la question. En fait, avec 27% de la production allemande d’électricité provenant actuellement de sources d’énergie renouvelables, cette technologie propre représente une part plus élevée que celle qu’avait l’énergie nucléaire. La vraie raison de la hausse des émissions de l’Allemagne est le faible prix des certificats d’émission dans le Système Communautaire d’Echange de Quotas d’Emission (SCEQE) européen. En l’absence d’un signal de prix du CO2 crédible, l’utilisation du charbon reste très rentable pour les fournisseurs d’énergie en Europe. En Allemagne, cela est à l’origine non seulement d’une hausse des émissions, mais aussi d’un énorme surplus d’électricité.

Pour y remédier, la ministre de l’Environnement allemande, Barbara Hendricks, lorsqu’elle se rendra à Lima la semaine prochaine, aura quelques nouvelles dans ses bagages. Aujourd’hui, le gouvernement présente un « plan d’action » pour atteindre l’objectif climat 2020 de l’Allemagne.
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Allons- nous réellement faire payer les pauvres pour les pertes et dommages ?

Penser que les pollueurs pourraient s’en sortir sans payer pour les pertes et dommages auxquels ils ont contribué est un jeu de dupe. Lors du Typhon Haiyan il y a un an, 6300 personnes ont payé de leurs vies, tandis que 4 millions de leurs amis et familles ont perdu leurs maisons. 13 millions de personnes ont souffert de famine au Kenya suite à la sécheresse qui s’est terminée en 2011. Et les populations du Pacifique et des régions de basse altitude continuent de perdre leurs terres et habitats. Quelqu’un doit payer pour ces pertes et dommages – le résultat inévitable d’une ambition d’atténuation insuffisante et du manque de soutien apporté aux mesures d’adaptation par les pays riches. Pour le moment, ce sont les pauvres qui paient.
Bien entendu ce n’est pas tolérable, et les parties ont reconnu cela à Varsovie en incorporant le besoin de soutien au sein des fonctions du mécanisme de pertes et dommages de Varsovie.
Néanmoins, l’actuel Comité exécutif (ExCom) par intérim s’est montré incapable de gérer ce besoin évident de manière appropriée. Par conséquent, la finance, la technologie et les renforcements de capacités manquent clairement dans le plan d’action prévisionnel – un problème que les Parties se doivent d’adresser.
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Workstream 2 – Il est temps de s’y mettre

Si vous avez lu ECO hier (ou le dernier rapport du GIEC), vous savez pourquoi nous avons besoin d’objectif avant 2020. Nous devons arrêter de parler « ambitions » si nous voulons éviter les conséquences les plus dramatiques des changements climatiques. Pour rester en dessous des 1,5°C, nous devons supprimer progressivement toutes les énergies fossiles et nous diriger vers 100% d’énergies renouvelables ainsi qu’un accès énergétique pour tous en 2050 au plus tard. Pour réussir cette transition, nous devons arrêter de nous enfermer dans des infrastructures dépassées, produisant d’énormes quantités carbone.
C’est la raison pour laquelle ECO s’est réjouit des premières propositions de mesures pour le WS2. On y trouve la poursuite de celui-ci jusqu’en 2020 ainsi qu’une mise en valeur des conseils d’experts. Ces derniers ont mis l’accent sur les nombreuses opportunités à disposition pour des mesures supplémentaires et leurs avantages multiples, notamment sur l’utilisation d’énergie renouvelable et de mesures énergétiques efficaces. Mais comment passe t-on de la théorie à la mise en place effective d’actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
ECO a quelques propositions :
1. Mettre en place une procédure s’appuyant sur les conseils d’experts, qui permettrait aux partis d’annoncer quelles solutions, parmi celles identifiées, ils souhaitent adopter, seul ou en partenariat.
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PNUE : Réduire l’écart

Mercredi, le deuxième Dialogue des Experts sur le rapport 2013-2015 a commencé à évaluer les progrès pour atteindre l’objectif global à long terme.
Les auteurs du GIEC ont conclu qu’il y avait un budget de 1000 Gt de carbone pour l’humanité depuis le début de l’ère des fossiles. Avec ce budget, la probabilité de rester sous la barre des 2 degrés est de 66 %.

Nous avons déjà utilisé la moitié de ce budget et en prenant en compte les autres GES. Ainsi, seuls 270 Gt peuvent encore être émises pour rester dans les eaux connues. C’est un budget ridiculement bas pour conserver un climat relativement sûr, même si des impacts non négligeables sont à prévoir.
La plupart des chiffres du GIEC sont donnés avec une marge d’incertitude. D’un point de vue de l’évaluation du risque (ou du sens commun), une forte incertitude suppose un budget carbone inférieur. Mais une probabilité de 66 % suppose un tiers de chance de dépasser les 2 degrés.
De plus, l’action sur les gaz à court durée de vie comme le méthane ne peut remplacer celle sur les gaz à durée de vie longue, notamment le CO2. Il faut les réduire tous, de façon substantielle.
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Gender equality

Il est temps d’atteindre l’égalité des sexes dans les négociations sur le climat. Mais pourquoi ? Le changement climatique nous concerne tous, non ?
Répondre aux besoins de l’ensemble de la population et renforcer ses droits doivent être au fondement de toute réponse au changement climatique. Le sexe est l’un des déterminants les plus importants pour le rôle et les perspectives que chacun peut espérer. Si les politiques climatiques et les solutions veulent réellement répondre aux besoins des femmes et des hommes, les décideurs politiques doivent comprendre ces logiques sexuelles.
Il a fallu 19 ans pour que la CCNUCC en prenne conscience, mais on y est. Les ateliers sur l’égalité des sexes et le changement climatiques à la CRIC ont souligné les progrès importants dans la prise en compte de l’aspect humain du changement climatique dans la négociation. Oui, des progrès dans un océan de stagnation.

Les Parties ont désormais l’opportunité de prendre des mesures politiques sérieuses et innovantes sur cet objectif de l’égalité des sexes, ou pour le dire autrement : des politiques qui répondent aux besoins de tous, sans distinction.

Des recommandations ont été faites pour intégrer des directives dans les initiatives, programmes et processus de la CCNUCC : des outils pour la prise en compte dans les politiques climatiques, des appels pour des financements innovants, le renforcement des compétences et la mise en réseau pour renforcer le rôle des femmes dans la prise de décision, et des recommandations pour mieux intégrer les enjeux de l’égalité dans la formation professionnelle.

Le MDP doit protéger les Droits de l’Homme

Durant l’atelier sur le Mécanisme de Développement Propre (MDP) tenu en Juin, les Parties avaient entendu un vibrant témoignage de Weni Bagama, parlant avec passion des impacts du projet MDP de Barro Blanco – un barrage hydroélectrique de 29 MW, en construction sur les territoires indigènes de Ngäbe, au Panama.

Weni avait décrit l’échec de l’entreprise à consulter suffisamment les communautés affectées, en violation évidente des règles du MDP et d’autres normes internationales de droits de l’homme. Malgré des réserves exprimées sur la consultation et d’autres atteintes aux droits de l’homme durant le processus de validation, le bureau exécutif du MDP avait approuvé le projet en janvier 2011.

Depuis, James Anaya, le Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits des populations indigènes, a rencontré les communautés affectées pour enquêter sur les abus associés au projet. Dans son rapport de conclusion, the Rapporteur spécial a souligné le cas de Barro Blanco, énonçant clairement les obligations internationales qui devraient s’appliquer dans ce cas. Il ajouta qu’il était emblématique des nombreux projets de développement menaçant la vie et les moyens de subsistance des populations indigènes au Panama.

Barro Blanco n’est pas un cas isolé. C’est l’un des nombreux projets qui illustrent à quel point le MDP a échoué à s’assurer que les projets soient conçus, mis en place et contrôlés d’une façon qui protège les droits de l’homme.
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Je viens d’Australie

Je viens d’Australie. Ce qui constitue presque un aveu en ces murs et en ce moment.

Les gens n’arrêtent pas de venir me voir et me demander ce qui se passe. Pourquoi les membres de mon gouvernement font-il des choses aussi terribles concernant la politique climatique ? Pourquoi sont-ils tellement accros au charbon ? Pourquoi sont-ils si déterminés à aller à rebours ? Comment peuvent-ils mettre à la poubelle leurs politiques climatiques alors que le reste de monde se retrouve ici, à Varsovie, pour tenter d’avancer sur le sujet ? Et particulièrement alors que leurs voisins, notamment les Philippines, souffrent de dévastation.

Mais la question principale qu’ils me posent est, “est-ce que les Australiens soutiennent cette attitude négative et ces destructions ?”
La réponse à cette question est catégoriquement non. La majorité des Australiens ne soutiennent pas l’annulation du prix du charbon, la fin du soutien aux énergies renouvelables, le démantèlement de l’Autorité sur le changement climatique et de la Régie pour le financement de l’énergie propre, et l’abandon d’un objectif de réduction à long-terme de la pollution par le charbon de 80 % en 2050.

Si vous en voulez des preuves, ne regardez pas plus loin que la Commission australienne sur le climat.
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