Category: Article

L’accord de Paris aura-t-il un côté sombre ?

Le texte de décision de l’ADP représente un enjeu majeur pour le futur régime climatique. Pour autant, ECO a pour l’instant l’impression que cette partie est cachée dans l’Annexe « Côté Sombre » du texte de décision.
Sans la définition d’éléments communs pour les iNDCs (les contributions nationales) dans l’Annexe de Décision de l’ADP, tout et n’importe quoi pourra, et sera probablement, soumis en début d’année prochaine en tant que contribution à la lutte globale contre les changements climatiques. Recycler un emballage de chewing-gum, ou retenir un pet peut-être ?
Lima a besoin de s’accorder sur des informations communes et complémentaires pour que les iNDCs de chaque Parties puissent être facilement examinées et pour que nous puissions tous comprendre ce qui a été mis sur la table : un réel engagement ou de simples astuces comptables pour masquer l’honteuse inaction.
Ce manque de transparence contribuerait uniquement à réduire d’autant plus la confiance accordée au processus et à initier un terrible précédent pour l’intégrité même de l’accord de Paris.
Hier, lors de la session ADP sur l’atténuation, les Etats-Unis, l’UE, la Suisse et le Japon ont émis ce qui sonnait comme des bruits de soutien à cette question, en promouvant la clarification des éléments.
... Read more ...

HOUSTON, ON A UN PROBLEME

Le vaisseau spatial Terre s’est non seulement éloigné de sa trajectoire pour 2020, nécessaire pour rester en dessous des 2°C, mais en plus il s’apprête à dériver encore plus loin. C’est le message qu’a fait passer hier le PNUE dans le Dialogue structuré des experts : Le Gigaton Gap s’agrandit à mesure que nous approchons de 2025 et 2030. Si l’on considère les avertissements du GIEC – la limite de 2°C pourrait être encore trop élevée et risquée – alors la situation semble encore plus mauvaise.

Mais heureusement nous avons un kit de survie à portée de main.

Comme ECO l’a appris de l’AIE, 80% du Gigaton Gap de 2020 dans le secteur de l’énergie pourrait être comblé par des mesures qui n’ont aucun impact sur le PIB, et ce dans toutes les régions (!!). L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables sont les outils de survie les plus importants à court et à long terme.

Le PNUE a également souligné l’importance de l’efficacité énergétique qui, dans presque tous les cas, est l’option où l’on obtient beaucoup de victoires et aucune défaite. Alors, vraiment, Cher Pays, qu’attendez-vous ? Pour citer l’intervenant de l’AIE hier: cela ne devrait vraiment pas être si difficile.
... Read more ...

Changeons le système, pas le climat !

*La rédaction de l’ECO vous présente ses excuses pour avoir publier une version incorrecte de cet article hier. Vous trouverez la bonne version ci-dessous.

Les organisations représentants la société civile péruvienne et les mouvements populaires se sont saisies de la Présidence de la COP par le Pérou pour que le gouvernement engage des efforts pour inscrire dans l’agenda gouvernemental les enjeux environnementaux au cœur de la politique de développement.

Les impacts des changements climatiques sont déjà visibles au Pérou. Les populations font l’expérience négative des pénuries d’eau qui viennent s’ajouter aux challenges environnementaux et sociaux déjà existants.

Alors que la Présidence de la COP20 aurait du être une opportunité pour le gouvernement péruvienne de montrer son leadership sur les thématiques environnementales, les politiques nationales récentes ont montré que l’environnement était de moins en moins une priorité. En juillet 2014, par exemple, le gouvernement a adopté le « Ley 20120 » (également nommé « Ley Paquetazo » ) qui réduit l’importance des standards environnementaux avec l’objectif d’attirer les investissements des industries d’extraction.

La promotion de l’industrie extractive a déjà conduit à des situations comme celle de Maxima Chaupe, une fermière. Elle était poursuivi par Yanacocha (une des plus importantes compagnie d’extraction minière d’or) pour vivre sur les terre où la compagnie avait planifié un projet d’extraction (le projet Conga).
... Read more ...

Faux pas financier

Hier, le groupe de contact ADP a finalement mis la main à la pâte sur le contenu potentiel de la finance dans l’accord de Paris, à l’occasion des négociations sur la section des finances. Il est inutile de nier que l’excitation de ECO était à son comble au début des discussions sur ce qui doit être une partie intégrante de l’accord 2015. Bien que ce ne fut pas surprenant aux yeux de ceux ayant suivi la CCNUCC depuis seulement quelques minutes, ce fut tout de même quelque peu décevant de voir la première moitié de la session s’évanouir dans un processus tourbillonnant de confusion.
Lorsque la poussière fut suffisamment retombée pour que les discussions substantielles puissent enfin commencer, l’enthousiasme de ECO fut encore douché. Les États-Unis ont mené la charge en demandant le retrait de toutes les références à l’adéquation, la prévisibilité et l’additionnalité de la finance. ECO soupçonnerait presque que le négociateur américain a délibérément accéléré la vitesse de son discours afin de cacher la nature désespérément lamentable de ses suggestions.
Avec un début de dépression, ECO a écouté la délégation Suisse démarrer sur une note constructive en pointant les paragraphes qu’ils souhaiteraient voir apparaitre dans l’accord actuel, ceux qui pourraient être adressés dans d’autres décisions et les points sur lesquels ils sont en désaccord.
... Read more ...

L’Allemagne est-elle en train de changer d’orientation sur le charbon ?

L’Allemagne a un problème. La plus grande économie de l’Europe risque de ne pas atteindre ses objectifs d’atténuation de 40% de ses émissions par rapport aux niveaux de 1990. Malgré le boom des énergies renouvelables, les émissions de l’Allemagne ont été, à nouveau, en hausse sur les deux dernières années. Si vous pensez que cela est dû à la sortie du nucléaire du pays, alors reposez-vous réellement la question. En fait, avec 27% de la production allemande d’électricité provenant actuellement de sources d’énergie renouvelables, cette technologie propre représente une part plus élevée que celle qu’avait l’énergie nucléaire. La vraie raison de la hausse des émissions de l’Allemagne est le faible prix des certificats d’émission dans le Système Communautaire d’Echange de Quotas d’Emission (SCEQE) européen. En l’absence d’un signal de prix du CO2 crédible, l’utilisation du charbon reste très rentable pour les fournisseurs d’énergie en Europe. En Allemagne, cela est à l’origine non seulement d’une hausse des émissions, mais aussi d’un énorme surplus d’électricité.

Pour y remédier, la ministre de l’Environnement allemande, Barbara Hendricks, lorsqu’elle se rendra à Lima la semaine prochaine, aura quelques nouvelles dans ses bagages. Aujourd’hui, le gouvernement présente un “plan d’action” pour atteindre l’objectif climat 2020 de l’Allemagne.
... Read more ...

PNUE : Réduire l’écart

Mercredi, le deuxième Dialogue des Experts sur le rapport 2013-2015 a commencé à évaluer les progrès pour atteindre l’objectif global à long terme.
Les auteurs du GIEC ont conclu qu’il y avait un budget de 1000 Gt de carbone pour l’humanité depuis le début de l’ère des fossiles. Avec ce budget, la probabilité de rester sous la barre des 2 degrés est de 66 %.

Nous avons déjà utilisé la moitié de ce budget et en prenant en compte les autres GES. Ainsi, seuls 270 Gt peuvent encore être émises pour rester dans les eaux connues. C’est un budget ridiculement bas pour conserver un climat relativement sûr, même si des impacts non négligeables sont à prévoir.
La plupart des chiffres du GIEC sont donnés avec une marge d’incertitude. D’un point de vue de l’évaluation du risque (ou du sens commun), une forte incertitude suppose un budget carbone inférieur. Mais une probabilité de 66 % suppose un tiers de chance de dépasser les 2 degrés.
De plus, l’action sur les gaz à court durée de vie comme le méthane ne peut remplacer celle sur les gaz à durée de vie longue, notamment le CO2. Il faut les réduire tous, de façon substantielle.
... Read more ...

Gender equality

Il est temps d’atteindre l’égalité des sexes dans les négociations sur le climat. Mais pourquoi ? Le changement climatique nous concerne tous, non ?
Répondre aux besoins de l’ensemble de la population et renforcer ses droits doivent être au fondement de toute réponse au changement climatique. Le sexe est l’un des déterminants les plus importants pour le rôle et les perspectives que chacun peut espérer. Si les politiques climatiques et les solutions veulent réellement répondre aux besoins des femmes et des hommes, les décideurs politiques doivent comprendre ces logiques sexuelles.
Il a fallu 19 ans pour que la CCNUCC en prenne conscience, mais on y est. Les ateliers sur l’égalité des sexes et le changement climatiques à la CRIC ont souligné les progrès importants dans la prise en compte de l’aspect humain du changement climatique dans la négociation. Oui, des progrès dans un océan de stagnation.

Les Parties ont désormais l’opportunité de prendre des mesures politiques sérieuses et innovantes sur cet objectif de l’égalité des sexes, ou pour le dire autrement : des politiques qui répondent aux besoins de tous, sans distinction.

Des recommandations ont été faites pour intégrer des directives dans les initiatives, programmes et processus de la CCNUCC : des outils pour la prise en compte dans les politiques climatiques, des appels pour des financements innovants, le renforcement des compétences et la mise en réseau pour renforcer le rôle des femmes dans la prise de décision, et des recommandations pour mieux intégrer les enjeux de l’égalité dans la formation professionnelle.

Energies fossiles : je vous fais mes adieux !

Hier, au sein du dialogue d’experts sur les objectifs 2013-2015, le GIEC a communiqué un message clé. Plafonner ou réduire la croissance de ses émissions n’est pas suffisant. Afin d’éviter un réchauffement climatique de 2°C ou plus : les émissions nettes doivent être réduites à zéro.

Afin d’épouser la trajectoire définie par le GIEC qui nous amènerait sous les 2°C, les émissions des énergies fossiles doivent atteindre un pic avant 2020 et être réduites à 0 d’ici à 2070 (cf. chiffre IPCC WG TS.19). Cette réduction devrait même s’effectuer plus tôt, si nous ne voulons pas uniquement nous fier à un niveau négatif des émissions après 2070, ou si le pic et cette réduction prennent du retard, ou si nous prenons en compte d’autres « facteurs surprises » et rétroactions non inclus dans les modèles proposés.

Mardi, l’Agence Internationale de l’Energie a publié ses dernières « Perspectives mondiales énergétiques ». Elle à nouveau répété que, pour atteindre l’objectif des 2°C (avec une probabilité de 50%), 2/3 des réserves mondiales de combustibles fossiles devaient être maintenues en sous-sol. De plus, les ¾ des réserves mondiales existantes inexploitées jusqu’ici, devront le rester – ne laissant aucune place à la production du pétrole en Arctique.
... Read more ...

Pitiez, ne vous séparez pas !

Mon amour,

Depuis nos vacances à Copenhague, j’ai l’impression que tu ne tiens jamais tes promesses, que tu me mens tout le temps. Nous ne faisons que parler, parler et parler encore, et j’ai l’impression que malgré tout, tu ne me comprends toujours pas.

Il faut que tu arrêtes de dépenser ton argent sur des voitures de luxe et des jets privés, et que tu commences enfin à t’occuper de moi et des enfants. Je ne suis pas loin de craquer, j’ai besoin que tu me rassures sur notre avenir et que tu me dises qu’on va vieillir ensemble. Je ne veux plus de belles paroles mais des actes : donne moi la feuille de route qui nous emmènera vers les 100 milliards de financements publics que tu m’as promis, signe enfin le chèque pour le Fonds pour l’Adaptation de nos enfants, et n’oublies pas d’ordonner le virement vers notre compte épargne Fonds Vert d’ici 2014. Et enfin, j’ai vraiment besoin que tu t’engages à dépenser au moins 50% de nos économies pour l’adaptation.

Si tu ne reprends pas les choses en main tout de suite, il est hors de question que je t’épouse en 2015.

Nona Ecsoin

Japon, la politique de la terre brûlée

Selon les bruits qui courent, le Japon, troisième économie mondiale, s’apprêterait à annoncer un nouvel objectif pour 2020 ici à Varsovie. Ce serait sa contribution aux efforts de réduction du fossé gigatonne… normalement.

Mais ECO reste perplexe devant les chiffrent repris par les médias. Au premier abord, on s’est demandé si le Japon avait mis la virgule au mauvais endroit. Mais il semble que l’objectif aura bel et bien un chiffre de moins que ce qu’il devrait.

En réalité, si c’est ce chiffre qui est retenu, le Japon augmenterait ses émissions par rapport au niveau de 1990. Cela ne peut pas être vrai ! ECO ne peut y croire et attend du Japon qu’il présente un objectif à la hauteur de son programme « Cool Earth 50 » que le Premier ministre actuel a lancé pour réduire de 50% les émissions de CO2 d’ici 2050.

La catastrophe de Fukushima a confirmé que le nucléaire n’était et n’est pas la solution au changement climatique. C’est bien d’entendre que le gouvernement exclue le nucléaire de cet objectif, ce qui ne justifie pas pour autant un objectif aussi faible. ECO espère que deux ans et demi après le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon, ce dernier saura enfin passer aux 100% renouvelables et jouera un rôle moteur pour relever le niveau d’ambition climatique.